Jacques Orhon lance son nouveau guide des vins de France

octobre 22, 2014

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Le fondateur de l’Association canadienne des sommeliers professionnels propose plus de 330 pages de voyage dans les vignobles français, après avoir étudié tout autant de cahiers des charges.

Cinq ans de terrain, un an d’écriture. Rien de moins. Pas surprenant, donc, de constater le souci du détail, dès qu’on ouvre ce guide. Tout y passe : de la géologie à l’histoire en passant par des notes de dégustation minutieuses, les appellations sont passées au peigne fin, avec une incursion dans 160 maisons, que Jacques Orhon qualifie de valeurs sûres. « Il y a des maisons connues et des moins connues, des petites et des grandes, avec lesquelles vous n’aurez pas de mauvaises surprises, au contraire, que de bonnes surprises », lance Jacques Orhon.

Fidèle à lui-même, l’auteur ne s’est pas attardé sur les millésimes. « Les millésimes, oui, c’est important. Mais ce qui est encore plus important, ce sont les producteurs, les hommes et les femmes qui font le vin. »

Ce guide s’adresse autant à l’amateur de vin qu’au sommelier-professionnel, car c’est ce qu’il y a de plus à jour sur le marché actuellement au sujet des vins français. Même ceux qui pensent tout connaître sur ce pays aux traditions vinicoles incontestées, pourraient y trouver leur compte. De nouvelles appellations y ont fait leur apparition, d’autres ont disparu. Pour Jacques Orhon, on ne finira jamais d’en apprendre sur les vins de France : « Le Jura, la Corse, le Languedoc, reviennent à la mode. La France s’est beaucoup réveillée, et il y a beaucoup de jeunes producteurs, dont plusieurs qui veulent suivre des tendances comme la bio ».

 

Lancement en grande pompe

Un verre à la main, un livre dans l’autre, près de 200 passionnés de vin sont venus assister à son lancement, à Montréal, le 15 octobre dernier. Car Jaques Orhon n’avait pas amené que des livres, mais aussi une sélection de 18 de ses valeurs sûres.

Entre les dégustations de Chablis Grand Cru du Domaine des Malandes, ou encore du Mercurey du Domaine Michel Juillot – servis avec brio par les étudiants en sommellerie de l’École hôtelière des Laurentides – on pouvait entendre des « Surprenant! », des « Incroyable! », et même des « Waouh! ».

C’est probablement la même réaction qu’a dû avoir Jacques Orhon lorsqu’il est allé dans ces vignobles. Car après 35 ans de terrain, le maître-sommelier n’a toujours pas fini de se laisser surprendre par les vins, même par ceux de France, un pays qu’il connaît si bien, et qu’il surnomme encore sa « douce France ».

Coup de cœur corse

« Le nouveau guide des vins de France » est un des livres dont Jacques Orhon est le plus fier. Il n’a pourtant pas été le plus facile à écrire, mais il a donné lieu à de belles découvertes. La Corse en est sans doute le meilleur exemple.

« Je peux vous dire que c’est l’endroit du monde où j’ai eu le plus de mal à rencontrer des producteurs, qui se fichaient complètement de la présence d’un écrivain. Ils étaient parfois plus difficiles à joindre que le pape! », confie Jacques Orhon. Mais sa persévérance aura finalement été récompensée. 22 producteurs lui ont ouvert les portes.

« Je ne connaissais pas la Corse. C’est la seule région que je n’avais jamais visitée », reconnaît Jacques Orhon, qui est tout de suite tombé sous le charme de cette île française de la mer Méditerranée. « C’est un écrin absolument extraordinaire, c’est magnifique la Corse. C’est une montage dans la mer, où il y a des terroirs exceptionnels. »

L’auteur du « Nouveau guide des vins de France » a surtout apprécié les vins blancs de cette région. « J’y ai redécouvert les charmes du cépage Vermentino », confie-t-il. « Alors que les vins rouges sont parfois austères et difficiles, leurs vins blancs sont vraiment extraordinaires. On parle souvent de minéralité dans les vins, mais là, il y a une véritable minéralité, là le mot n’est pas galvaudé, et ce sont des vins blancs qui vieillissent admirablement. »

 

Jacques Orhon le rêveur

Lors d’un très récent voyage en Sicile, profitant d’un coucher de soleil sur l’île de Panteleria et d’un verre de Sangue d’Oro de Carole Bouquet, Jacques Orhon s’est mis à philosopher sur les vertus du vin.

Confidence révélée lors du lancement de son livre, Jacques Orhon raconte qu’il s’est notamment mis à rêver de paix dans le monde… « Et si on remplaçait, dès demain, partout sur notre pauvre planète, chaque fusil, chaque mitraillette, chaque couteau assassin, par une bouteille de vin? »

 

Qui sait? Ces « assassins » mettront peut-être un jour la main sur « Le nouveau guide des vins de France », se laisseront convertir au monde du vin, et remplaceront leurs « couteaux assassins » pour des couteaux sommeliers…

D’ici là, Jacques Orhon invite les amateurs de vin à continuer de le boire simplement : « Continuez de penser que le meilleur vin est celui que vous aimez partager, jamais en vain. Continuez de penser que le vin existe pour le plaisir de fêter, en grand ou en toute modestie. Le vin, tout simplement, est fait pour rendre hommage à la vie ».